Dernière (re)découverte

Lorsque j’ai effectué mon DU d’Art thérapies en 2015, j’ai étudié de manière très partielle l’attachement avec le modèle ABC-D de Mary Main dans le cadre de l’accompagnement des sujets âgées. Quelques années plus tard, en intervenant auprès de bébés et d’enfants en crèche, j’ai re-découvert cette théorie avec le "Dynamic Maturational Model of Attachment and Adaptation" (DMM) de Patricia Crittenden. Ce modèle me paraissait complet.

C’est avec Alexandra Deprez, docteure en psychologie, ingénieure pédagogique, formatrice et clinicienne que je l’ai découvert. D'abord par l'intermédiaire de ses podcasts puis par ses formations.
Alexandra Deprez est membre du programme fellowship de L’IASA (Internationnal Association for the Study of Attachement) dirigé par le Dr. Patricia Crittenden.

La théorie de l'attachement selon de DMM model est passionnante car elle s’appuie sur de multiples théories qu’elle intègre dans un tout cohérent: en psychanalyse, en éthologie, en neurosciences, en cybernétique, en psychologie cognitive. Il s'agit d'une théorie très très intégrative et complexe.

Si je devais tenter de résumer le modèle Dynamique Model of Attachment and Adaptation de P. Crittenden sans le réduire je dirais :
Notre espèce est adapté à la survie sous adversité et tout notre bagage génétique et adaptatif est biaisé vers l’adaptation au danger.
Dès le plus jeune âge, nous faisons l’expérience, dans nos interactions avec nos donneurs de soins, de ce que l’on peut attendre en termes de réponses à nos besoins d’attachements (sécurité, proximité réconfort et prévisibilité). Nous nous adaptons à cela car tous les parents ne sont pas disponibles, protecteurs et adéquates. Nous nous adaptons à eux parfois en nous ajustant, parfois en distordant le traitement de l’information émotionnel ou cognitif pour que ces donneurs de soins puissent nous donner le meilleur de ce qu’ils peuvent offrir au vu de l’adversité qu’ils rencontrent.

Ainsi l’insécurité d’attachement est comprise dans le DMM comme la meilleure solution au vu du contexte dans lequel le bébé se développe et qu’elle sert avant tout à rester en lien pour survivre avec les parents qu’il a dans le contexte qui est celui de sa famille.
Il n’y a donc pas de « bonne » ou de « mauvaise » stratégie, le système attachement c’est juste un système biologique. ll y a des attachements qui fonctionnent stratégiquement en terme d’adaptation dans certains contextes et qui permettent de survivre.

Théorie de l'attachement et monde du travail

Originairement, cette théorie permet de comprendre ce qui se joue dans les relations entre parents et enfants.
Elle peut se transposer dans les relations entre adultes, notamment entre professionnels et managers et entre professionnels en situation de stress.
Ce modèle met l’accent avant tout sur les interventions auprès des contextes, en les rendant plus réflexifs, sensibles et sécurisés.. Il ne cherche pas à changer le système d’attachement du professionnel mais à lui offrir un environnement propice à la mentalisation c’est-à-dire la capacité à réfléchir sur soi et à se voir fonctionner en relation avec les autres professionnel.le.s, collaborateurs, collègues et managers. Il vise l’apprentissage de nouvelles expériences et l’ajout de nouvelles ressources au sein du système et auprès des professionnel.le.s.

Ce modèle profondément systémique vient se greffer aux autres concepts théoriques sur lesquels je m’appuie pour intervenir dans les organisations de travail et auprès des équipes.